Projet Casa Grande

Premier contact avec l’école

C’est un spectacle grandiose qui s’offrit à nous lorsque nous sommes arrivés pour la première fois, ce Lundi 25 mars, à Casa Grande.

Nous nous sommes arrêtés sur les hauteurs peu avant d’arriver à l’école pour mieux ressentir l’isolement et la majesté du paysage. C’est une vallée immense, désertique et sauvage que nous avions alors sous les yeux. Perdu au creux de cette veine naturelle, Casa Grande avait alors des allures d’oasis.

Nous ne pouvions pas parler d’un village mais tout juste d’un hameau, tant les habitations étaient peu nombreuses. Parmi elles, un poste de santé où s’installent chaque semaine une infirmière et sa famille, une salle commune appartenant à la communauté Kolla, la maison d’un ancien élève de l’école, aujourd’hui septuagénaire, et enfin le coeur battant de cette communauté, l’école Teodoro Laguna.

Ce paradis perdu est situé au pied d’un affluent du Rio Yacoraite, qui lui-même se jette ensuite dans le Rio Grande. L’école Teodoro Laguna est située au pied d’une petite falaise de roche rougeoyante faite d’argile chargé en fer, sur laquelle on peut lire difficilement la phrase « Bienvenidos a Casa Grande », peinte il y a 20 ans en lettres blanches capitales mais presque illisible aujourd’hui.

Le poste de santé situé juste à côté, est une petite maison habitée du Lundi au Vendredi par une infirmière et son mari et dont les 2 enfants, Lujan et David, vont à l’école. Une fois par mois, un médecin d’Humahuaca vient y passer la journée pour que les familles des environs puissent avoir accès à une consultation médicale.

La vallée de Casa Grande, vue du haut de la falaise dominant l'école
L'école Teodoro Laguna

Encore émus par la beauté de cette immensité, nous sommes ainsi descendus de cette falaise et avons atteint l’école Teodoro Laguna quelques minutes plus tard. Nous sommes arrivés vers 18h, heure du goûter. Silvina, la Directrice, nous a accueillis dans la salle à manger. Un tableau noir accroché au mur nous a fait comprendre que cette salle servait aussi de salle de classe.

Irene nous avait parlé de la culture du silence, très présente chez les populations du nord de l’Argentine. Elle ne se trompait pas. Notre premier contact avec le personnel et les enfants a été extrêmement discret. Sans savoir vraiment qui d’eux ou de nous étaient les plus timides ou les plus impressionnés, nous nous sommes installés à table et avons partagé un goûter composé d’une tasse de maté, boisson traditionnelle d’Amérique du Sud, ainsi que quelques tranches de pain confectionné par la cuisinière Doña Clementina, dans le four en terre extérieur.

Nous avons immédiatement ressenti la chaleur de cette petite communauté qu’on dirait presque vivre en autarcie. Nous nous sommes présentés auprès des membres de l’équipe qui se sont ensuite empressés de se remettre à son travail.

Silvina nous a conduit à notre chambre, constituée d’un lit double, 2 lits superposés pour nos filles et une salle de bain. Il s’agit habituellement du dortoir des filles mais celles qui devaient y habiter sont absentes pour l’instant. En effet, la crue de la rivière à la rentrée scolaire début mars a bloqué l’accès à l’école pendant 2 semaines, contraignant ainsi 2 des filles de l’école à faire leur rentrée à l’école de Humahuaca. Elles sont alors contraintes de terminer le trimestre avant de réintégrer Casa Grande.

Après nous être installés, nous avons fait une rapide visite des lieux en compagnie de Silvina. Puis à 20h30, enfants et adultes se retrouvent pour le diner. Une tranche de viande endurcie par la rudesse du climat andin, accompagnée de quelques légumes mijotés dans un bouillon, le tout servi dans une gamelle en aluminium, et nous voilà immergés dans la vie de cette petite communauté.

Le repas terminé, la Directrice, accompagnée par petits et grands, prononce une prière, nous rappelant alors la présence forte de la religion catholique au sein des populations indigènes argentines.

Exténués par cette journée incroyable à la découverte de la région et impatients de vivre nos premiers jours dans cette petite école, nous n’avons eu aucun mal à sombrer dans un sommeil profond pour notre première nuit sous les étoiles de Casa Grande…

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